1. Dream City 2007

    Dream City s’appuie sur la pratique artistique du duo d’artistes Selma & Sofiane Ouissi qui, initialement, l’ont créé en 2007 comme une oeuvre artistique en “one shot” en réponse à la confiscation de l’espace public par un état totalitaire, à l’isolement des artistes, et à l’élitisme des espaces artistiques. Il s’agissait aussi d’une recherche de nouvelles pratiques artistiques qui émergeraient de leurs contextes avec l’implication créative des artistes dans leur cité, dans l’espace et, au mieux, avec une communauté donnée. Cette oeuvre a été conçue comme un acte activiste : un coup d’état artistique rassemblant déjà tout ce qui fait encore aujourd’hui la singularité de Dream City : un collectif d’artistes et de penseurs, un art en immersion concrète dans l’espace social, politique ou scientifique, un temps long de processus de création, le soutien, l’accompagnement et la production d’oeuvres artistiques, un espace partagé de réflexion et de co-création en dialogue avec la cité.

  2. Dream City 2010

    Lors de sa 2ème édition, Dream City confirme son objectif de créer en Tunisie de “l’espace public” pour un art en prise avec des questions contemporaines. Ce projet utopique qui s’est créé en 2007, à Tunis, en “underground”, comme un push artistique sans aucune autorisation, se confirme en 2010 comme un dispositif poétique vivant poussant les limites de ce qui était permis jusqu’alors sur l’espace public tunisien non sans jouer avec les règles légales et en s’infiltrant dans des petits espaces de liberté. Dream City s’impose, comme un festival d’art en espace public, premier dans la région, auprès du pouvoir en place et reçoit la reconnaissance d’un très large public divers. Il se définit clairement comme un laboratoire invitant des chercheurs, penseurs … à dialoguer avec les artistes en création et invitant ces derniers à réinterroger le rapport à leurs pratiques, à la ville, au public. Il confirme ses spécificités : une triangulaire entre Artiste, ville, société, un espace ouvert et expérimental pour créer, penser, pratiquer et repousser les frontières de l’art – une pensée en action – et élargit à partir de lui le point de vue posé sur notre ville et le monde. Il se définit clairement comme un dispositif en mouvement étant la fabrication des artistes qui l’invente en créant des œuvres contextuelles uniques. En 2010, Dream City s’ouvre en invitant des artistes internationaux pour défendre l’ouverture et le dialogue avec le monde. C’est aussi la naissance du projet Expo Urbaine et la création de la revue spécialisée en pratiques artistiques et citoyennes en espace public, Z.A.T (Zone Artistique Temporaire).

  3. Dream City 2012

    Quelques semaines après l’édition 2010, la révolution tunisienne est venue confortée Dream City dans sa mission de se réapproprier l’espace public  par l’Art. Après le 14 janvier 2011, l’espace public est devenu le théâtre des mouvements de la société toute entière où s’exprimaient tous les espoirs, les idées, les rêves. Aussi, chacun réclamait, après le règne de la peur pendant des décennies et l’étouffement de la pluralité et diversité tunisienne, son droit d’exister et d’être considéré dans son identité et ses croyances. Parfois, avec violence. C’est ainsi qu’un an après la révolution, bon nombre d’artistes de la programmation se sont vus menacés. La création artistique et sa liberté d’expression aussi. Se reposant toujours sur ses trois fondements principaux, la création artistique, la ville et la société, l’édition 2012 travaillera, alors, la question de l’artiste face auxlibertés. Les tensions et les situations conflictuelles qui en découlent, parfois, nous intéressent. Nous travaillons avec les paradoxes et les conflits qu’il ne s’agit pas de nier ni de soustraire. Cette situation tumultueuse a été un élément constitutif de cette édition et a permis d’inscrire plus encore nos principes d’action et de clarifier l’endroit à partir duquel nous voulons agir. Pour qui travaillons-nous ? A qui parle t’on ? Nous avions alors compris que cette question, posée pourtant à l’écriture du concept Dream City, s’édifie sur une erreur originelle, celle de supposer un public préexistant à nos actions. Dream City travaillera désormais plus encore, à partir de cette édition, pour créer un « nouveau » public. A telle enseigne qu’en 2012, Dream City se déploiera sur deux villes : Tunis et Sfax. 

  4. Dream City 2013

    Le festival est invité à écrire son processus pour Marseille-Provence 2013. C’est la 1ère fois qu’une méthodologie du Sud est invité dans le Nord. Selma & Sofiane sillonnent la région PACA et posent leurs valises à l’Estaque où ils dessineront une chorégraphie urbaine spécifique et convieront artistes marseillais, tunisiens, grecs, algériens…: l’art pour abolir les frontières et rapprocher les pays de la Méditerranée.

  5. Dream City 2015

    Dream City 2015 était une édition de plusieurs ouvertures. Une certaine stabilisation sociétale acquise, et en intégrant les libertés, les tensions et les situations conflictuelles de la Tunisie ‘post-révolution’, le moment était venu d’élargir plusieurs champs d’action. Une direction artistique collégiale avec l’invitation de Jan Goossens. Vers une nouvelle génération d’artistes Tunisiens, clairement pluridisciplinaires et dans l’invention de nouvelles formes, comme Malek Gnaoui, Fakhri El Ghezal et Faten Gadess. Vers des artistes d’autres regions, pourtant intimement liées à la Tunisie, comme Omar Abusaada de la Syrie et Laila Soliman d’Egypte. Une ouverture consistante était créée vers l’Afrique subsaharienne, avec des artistes et oeuvres comme Kiripi Katembo de Kinshasa, Sello Pesa de Johannesbourg, ou des films-documentaires comme ‘Enjoy Poverty’ de Renzo Martens ou ‘Cemetery State’ de Filip De Boeck. Les pratiques et processus artistiques devenaient encore plus résolument diverses et contemporains, sans pour autant perdre le caractère généreux, voire populaire de Dream City. Et finalement, Dream City créait aussi pour la première fois des liens avec de nouveaux quartiers de la Médina, comme le Faubourg Sud où les projets d’artistes singuliers comme Tim Zulauf et Malek Gnaoui était présentés.
    Toutes ces ouvertures, ces nouveaux liens et échanges s’appuyaient évidemment sur les bases posées pendant les quatre premières éditions : la triangulaire entre artistes, ville et société, et la conviction que la création contextuelle, avec des artistes d’ici et d’ailleurs qui s’installent sur notre territoire dans la durée et en proximité, intègre transformation artistique et sociale de manière urgente et profonde.
    Au bout du compte un premier pas important était fait en direction d’un espace partagé entre artistes de la Tunisie, du monde Arabe et du continent Africain, un pas qui n’est possible de cette manière-là qu’à Tunis. Gestes artistiques et politiques, provoqués entre pratiques et territoires diverses mais profondément connectés, produisaient un espace et un temps de résonance forts dans la Médina de Tunis, et dans le cadre de Dream City.

  6. Dream City 2017

    2017 était une édition qui creusait plusieurs choix de base de l’édition 2015, tout en ajoutant de nouveaux éléments importants. D’autres artistes contemporains tunisiens intégraient la famille: Héla Ammar, Rochdi Belgasmi, ou Nidhal Chamekh, le dernier poussant à l’extrême l’occupation par Dream City de l’espace public, en couvrant Bab Bhar de barbelé. Les ouvertures vers les régions MENA et le continent Africain s’élargissaient, avec les présences de Tania El Khoury du Liban, Wael Shawky et Kawthar Younes de l’Egypte, Nacera Belaza de l’Algérie, et Boyzie Cekawana de l’Afrique du Sud.
    Le temps devenait un élément encore plus essentiel dans le dispositif et ses créations contextuelles, avec plusieurs projets dont de premières étapes étaient montrées, en sachant à l’avance qu’on aurait besoin de plusieurs années après cette édition avant d’aboutir à un éventuel résultat final. L’artiste Belge Jozef Wouters entamait un processus à long terme autour de la question, au coeur de Dream City, de la restauration et évolution de la Médina : si le seul avenir à construire est égal au passé, où vivons-nous aujourd’hui ? Et, Malek Gnaoui écrivait un premier chapitre dans son travail autour de la prison du 9 avril, au coeur d’un passé tunisois politique collectif. Ce ne serait qu’après cette première étape qu’il aurait la légitimité d’ouvrir des conversations en confiance et profondeur avec les anciens prisonniers, conversations qui formeront la base du prochain chapitre.
    Un nouvel élément important qui s’ajoutait, était les « Ateliers de la Ville Rêvée ». Conçus par l’historien Tunisien Adnen El Ghali et le philosophe de la culture et expert des villes Eric Corijn, tout au long du festival des ateliers publics autour des grandes questions du vivre ensemble et de notre avenir commun étaient débattues. L’énorme présence et implication des jeunes Tunisiens a beaucoup marqué tous les participants.
    Finalement l’édition 2017 était aussi l’édition des publics élargis, diversifiés et internationaux. Des programmateurs européens et internationaux faisaient le déplacement, l’ouverture de Dream City se manifestait pour la première fois aussi à ce niveau-là.

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