Visuel de la 7ème édition

Visuel de la 7ème édition

LI WEI

Le visuel de cette 7ème édition de Dream City rend hommage à l’artiste chinois Li Wei et à sa série Tunisia’s sky réalisé en 2012, lors de la 3ème édition du festival. En effet, lors de ladite édition une grande exposition photographique à ciel ouvert jalonnait les rues de Tunis et Sfax sur le thème ‘‘Libres corps en espace public’’. Une invitation spéciale avait été lancée à 4 photographes venus de Tunisie (Mouna Karray), de Chine (Li Wei), d’Iran (Kourosh Adim) et de République Démocratique du Congo (Kiripi Katembo). C’est dans ce cadre que la rencontre entre le photographe chinois Li Wei et le festival Dream City a eu lieu.

Mais pourquoi rependre 7 ans plus tard cette série de photos ? Parce que dans les espaces où règnent codes, règles, interdits et convenances, l’individu s’agrège à un tout docile. Il évolue entre les arêtes d’un cadre policé. Il se contient, il se surveille et s’anonyme tel un maillon générique d’une humanité qui bâillonne sa pensée. Or Li Wei en tant qu’artiste a révélé et inventé l’exutoire possible. Il nous interroge : comment, hors de la sphère intime, le corps se fraye-t-il une voie jusqu’à l’échappatoire nécessaire à son esprit ? Comment peut-il exprimer les libertés comprimées, espérées, recherchées, désirées, atteintes ? Par son regard, l’artiste expose le corps en aspiration d’existence, de reconnaissance, d’explosion, dans l’espace dit public. Ce questionnement qui rejoint celui du festival Dream City nous semblait tout à fait à propos en Tunisie en 2019.

 

Biographie

Li Wei est né en1970 dans la campagne de Jingzhou au sein d’une famille agricole, dans la province du Hubei (Chine). Il fut, pendant son enfance, entouré par la nature. À 19 ans, comme des millions d’autres jeunes, Li Wei migre vers Pékin en quête de gloire et de fortune. Il y enseigne la photographie et la vidéo avant de débuter des performances artistiques en 1997.

Les travaux de l’artiste mélange d’une manière incomparable, l’art performance et la photographie. Il travaille depuis les années 2000 sur le corps. Il le déforme, le renverse, le découpe et l’élève. Li Wei capture le mouvement et la posture dans des mises en scène improbables. Il libère ainsi ses personnages en ne leur imposant aucune limite physique, biologique ou artistique. Ses mises en scène sont réalisées sans trucage, Li Wei aime à se détacher du monde.

Ciné DREAM & Vidéo

Ciné DREAM & Vidéo

STILL RECORDING

SAAED AL BATAL & GHIATH AYOUB

 

En 2011, Saeed la vingtaine, étudiant ingénieur, quitte Damas pour Douma (Ghouta orientale) et participe à la révolution syrienne. Il sera rejoint plus tard par son ami Milad, peintre et sculpteur, alors étudiant aux beaux-arts de Damas. Dans Douma libérée par les rebelles, l’enthousiasme révolutionnaire gagne la jeunesse, puis c’est la guerre et le siège. Pendant plus de quatre ans, Saeed et Milad filment un quotidien rythmé par les bombardements, les enfants qui poussent dans les ruines qu’on graffe, les rires, un sniper qui pense à sa maman, la musique, la mort, la folie, la jeunesse, la débrouille, la vie. Radiographie d’un territoire insoumis, un regard d’une densité exceptionnelle.

L’ÉPOQUE

MATTHIEU BAREYRE

 

Du Paris de l’après-Charlie aux élections présidentielles, une traversée nocturne aux côtés de jeunes qui ne dorment pas : leurs rêves, leurs cauchemars, l’ivresse, la douceur, l’ennui, les larmes, la teuf, le taf, les terrasses, les vitrines, les pavés, les parents, le désir, l’avenir, l’amnésie, 2015, 2016, 2017 : l’époque. 

JUPITER’S DANCE

RENAUD BARRET & FLORENT DE LA TULLAYE

 

“La Danse de Jupiter” est un voyage musical dans le ghetto de Kinshasa à la rencontre de ses innombrables musiciens. Tous nous diront leurs espoirs, leur optimisme sans faille malgré une situation sociale explosive. Parmi eux, Jupiter Bokondji, leader charismatique du groupe Okwess, il est notre guide dans cette mégalopole au bord de l’explosion, jadis capitale de la musique en Afrique. Entre moments musicaux chargés d’émotions et revendications, transpire de Kinshasa une rage de vivre et une incroyable énergie créatrice.

ALSO KNOWN AS A JIHADI

ERIC BAUDELAIRE

L’histoire possible d’un homme, Aziz, racontée à travers les lieux qu’il a traversés : la clinique où il est né à Vitry, les quartiers où il a grandi, son lycée, l’université, le travail, et puis l’envol pour l’Égypte, la Turquie et finalement la route d’Alep, où il a rejoint le Front Al-Nosra, en 2012. Un trajet jalonné par une seconde strate de récit, portée par des extraits d’une archive judiciaire : interrogatoires de police, écoutes téléphoniques, filatures… Des documents, comme les pages d’un scénario, qui se mêlent aux images et aux sons, pour composer un film qui porte moins sur un sujet singulier, Aziz, que sur le paysage architectural, politique, social et judiciaire dans lequel son histoire s’est déroulée.

UN FILM DRAMATIQUE

ERIC BAUDELAIRE

Qu’est-ce qu’on fabrique ensemble ? Cette question, les élèves du groupe cinéma du collège Dora Maar (93) et Eric Baudelaire, qui les a accompagnés pendant quatre ans depuis leur entrée en 6ème, ne cessent de se la poser. Répondre à cette question – politique en ce qu’elle engage les représentations du pouvoir, de la violence sociale et de l’identité – ce sera pour eux partir à la recherche d’une forme qui rende justice à la singularité de chacun d’entre eux, mais aussi à la consistance de leur groupe. Qu’est-ce qu’on fabrique ensemble, si ce n’est ni un documentaire ni une fiction? Un film dramatique peut-être, où se découvrent le travail du temps sur les corps et sur les discours, mais aussi la possibilité pour chacun de parler en son nom en filmant pour les autres, et de devenir avec Baudelaire co-auteurs du film, c’est-à-dire déjà sujets de leur propre vie.

WAITING FOR GIRAFFES

MARCO DE STEFANIS

 

Le rêve du Dr. Sami, vétérinaire en chef de l’unique zoo en Palestine, est de l’élever à un niveau de qualité international afin d’accueillir à nouveau des girafes, perdues lors de la dernière Intifada. Le récit doux-amer d’un combat passionné qui l’amènera à collaborer avec les zoos israéliens pour atteindre son but. 

WHO IS AFRAID OF IDEOLOGY PART I & II

MARWA ARSANIOS

 

Tourné dans les montagnes du Kurdistan début 2017, le film d’Arsanios se concentre principalement sur le mouvement des femmes autonomes kurdes et les structures de ce dernier d’auto-gouvernance et de production de connaissances.

KHANKA de Mira Hamdi

KHANKA de Mira Hamdi

Mira Hamdi aiguise ses mots depuis 2017 dans le cadre de résidences artistiques développées à l’Art Rue. Elle se fait remarquer en 2017 dans l’œuvre de l’artiste Sud Africain Boyzie Cekwana “Tilt Frame”. L’intensité des textes de la slameuse, alors âgée de 24 ans, a frappé le public et l’équipe artistique de l’Art Rue.

En 2018, dans le cadre de son année de résidence, Mira rencontre la poétesse Souad Labbize et travaille avec la comédienne Fatma Ben Saidane et la dramaturge Hildegarde de Vuyt afin d’élargir son univers. L’écriture de Mira Hamdi est une écriture urbaine, rythmée et étourdissante. Le rejet de la réalité handicapante et injuste dessine les textes de cette poétesse de Tunis.

Nolwenn Peterschmitt et Hayet Darwich qui font partie du collectif Crisis l’ont accompagné dans la création d’une forme dont la matière première sont les mots de Amira Hamdi. Les trois jeunes femmes ont construit un univers scénique où le corps et les mots se complètent et se portent mutuellement. Le trio tente “d’éprouver” la poésie et de pousser les limites du réel pour le redéfinir.

Dar Lasram
08 OCT. À 20H00 
09 OCT. À 14H00
DURÉE 45MIN

Immersion dans la mémoire de L

Immersion dans la mémoire de L

Depuis Dream City 2017, M.Gnaoui dévoile les petites et les grandes lignes du 9 avril, du petit au grand, du micro au macro, du visible à l’invisible, du non-dit au trop dit, dans “0904” rien ne se perd tout se mute, s’adapte et survie. Surtout la mémoire. C’est en rencontrant les ex prisonniers du 9 Avril et en développant les carnets de l’installation 0904 avec ces derniers, que l’artiste Malek a rencontré L. Lors de la sortie de résidence de l’artiste en Avril 2019 nous avons découvert le récit de L. Du haut de ses “presque” 69 ans, l’ex prisonnier du 9 Avril qu’on appellera L, a bien voulu partager avec nous son expérience avec l’artiste Malek Gnaoui et plus encore. L est habitué à Dar Bach Hamba, ce n’est pas la première fois qu’il y vient, à vrai dire, il a ses habitudes: il monte en haut, se met sur une chaise en attendant que Malek arrive. Il a travaillé avec M.Gnaoui sur l’installation 0904, en voulant bien partagé avec ce dernier son expérience dans la prison du 9 Avril à la fin des années 80. Cette fois, il est venu pour nous. Chemise bleue à rayures jaunes, un sac contenant ses mots fléchés et son paquet de cigarettes Oris. Il a la dégaine d’un vieil aventurier dont le passé est rempli d’histoires, de personnages et de ses études à la Sorbonne. L, c’est un escroc comme on voudrait les écrire, c’est le coup de trop qu’il l’a mené entre les murs de la prison du 9 Avril.

Quand on a découvert votre carnet à la sortie de résidence de 0904 on avait l’ impression de lire un livre non abouti, est-ce le cas?

Pas du tout, il allume sa cigarette, ce n’était pas un livre. Je voulais aider l’artiste dans son œuvre. Ça n’a pas été facile de replonger dans cette histoire, car je suis au crépuscule de ma vie et la situation actuelle ne me plaît pas. C’est une rétrospective sur ma vie, et enfin de compte il vaut mieux ça que de subir les aléas de cette vie, mets entre guillemets “ de merde”, insiste-t-il.

L répond à toutes les questions en français, parfois il s’arrête pour trouver le mot qu’il faut, le mot juste. Il se frotte le front pour se rappeler d’un nom, d’une date, d’une région ou d’un adjectif. Il vérifie chaque mot retranscrit sur la page blanche, et prend le stylo en otage s’il n’a pas envie de partager l’information.

Dans les écrits que vous avez produit sur le 9 avril, vous vous êtes attardé sur les détails, d’où vous vient ce sens de l’observation?

De Nana, ma grand-mère, elle faisait de la broderie, elle était méticuleuse et mon oncle était artiste peintre. C’est d’eux que j’ai attrapé ça.

Pourquoi avez-vous accepté de partager votre expérience avec M. Ganoui?

Je me dis que mon témoignage est important pour l’Histoire, de plus j’ai un rapport cordial avec Malek, c’est une manière de lui renvoyer l’ascenseur. Il a été courtois et compréhensif, il n’y a que les artistes qui peuvent l’être. Silence. Je n’ai personne à qui léguer toutes ces histoires. L a une admiration profonde pour ceux qui osent défier l’autorité et les gouvernants. À la question; “ Pourquoi les admirez-vous?” il répond: “ Je les admire, car je suis faible, je me suis projeté dans ces personnages.” Il parle de l’OLP( organisation de libération palestinienne) ,des soirées au Casino de Hammam Lif et de l’ hôtel Salwa. Il se rappelle des verres de cognac et du pistolet de son ami au restaurant la Sirène.

Est-ce pour ça que vous avez fait ce qui vous a mené en prison? Pour être comme ceux que vous admirez?

J’ai eu du plaisir à le faire. Mais en général, j’aimerai renaître pour faire les choses différemment, en tout cas je ne ferais pas les même erreurs.

Et l’après prison?

Il y a deux chemins. Soit tu réintégre la société, soit tu deviens un marginal. La prison est une punition, elle n’aspire pas à devenir quelqu’un de meilleur. Elle nourrit la rancune envers l’entourage et la famille. Il se frotte le front et continue, Durant 2 ans, 3 jours et 3 heures, je n’ai eu que deux visites: mon frère aîné et mon ex épouse. Mon frère avait sa vie, je ne peux pas le blâmer, mon ex épouse, elle, elle s’en foutait. Je suis déçu par 90% des gens qui m’entourent, je vis l’effet du boomerang car j’ai déjà déçu, je vie le revers de la médaille. Le monde a changé, je vis au jour le jour. Je m’en fou de ce qui se passe. Je dois jouir du temps qu’il me reste.

Croyez-vous en la justice?

La justice ne peut pas être humaine, elle n’a d’ailleurs jamais existé. Ce qui existe c’est les rapports. Il fait trop chaud, on peut ouvrir les fenêtres ? La brise entre dans la pièce, elle emporte la fumée de sa cigarette aussi fine que ses bras grignotés par le temps, la fatigue, et la lassitude. Il continue. On fait que se renvoyer des ascenseurs. Pas que dans notre pays, c’est partout pareil.

Voulez-vous dire quelque chose pour conclure l’entretien?

Je n’ai rien à dire pour conclure. Enfin, pour l’instant.

“0904_2“ installation de Malek Gnaoui

“0904_2“ installation de Malek Gnaoui

0904 est l’abréviation d’une date, celle du 9 Avril, nom donné à une prison construite en 1903 par les Français et démolie sous le régime de Ben Ali, en 2009. Ce bâtiment, décrit comme enfer par ceux qui y ont séjourné, a disparu, emmenant avec lui la mémoire et les histoires de centaines de prisonniers politiques et de prisonniers de droits communs. Le passé inaccessible de cette prison est une privation qui engendre l’oubli et rend les plaies du passé incurables. Au delà de la violence carcérale de ce lieu de non droit, il y avait un quotidien, des règles, une solidarité. Les prisonniers, “déviants” marqués au fer rouge par le pouvoir, furent un alibi continuel pour maintenir l’ordre.

Malek Gnaoui, à travers son installation, reconstitue la mémoire du 9 Avril comme un puzzle. Cherchant les témoignages, les objets, la parole de ceux qui y ont séjourné, il regroupe les fragments pour nous plonger dans “une honte”, qui fut effacée pendant les prémices d’un changement historique. Qu’est ce qui fait tenir un homme en prison? Des lettres, des pensées, des chansons, des outils. Les tâches qu’ils considéraient “féminines” deviennent un savoir faire, la mère devient le salut, le temps une notion lointaine, le sexe une suite de rébus érotiques, et la cellule l’antichambre de la mort et du vieillissement. Malek Gnaoui fait remonter à la surface une partie amputée de la mémoire, et dilate le temps, le déforme, le marque. Si on mesure le temps avec le mouvement, que se passe-t-il quand le mouvement est enchaîné ? Les anciens détenus lutte contre l’immobilité par l’écriture, la couture, le chant, le fantasme, le sexe, le dénie, l’amour, la ruse … 

Le temps, la mémoire et l’organisation, sont les piliers d’une machine carcérale, selon Malek Gnaoui, il les met en forme dans différents procédés et à travers différentes techniques. Ces concepts deviennent alors des outils concrets, des objets qui vivent, des sons qui se libèrent, des pages qui se tournent. Puis arrive une image qu’on perçoit avec le recul: celle d’une micro société organisée par une hiérarchie du crime. 

Malek Gnaoui, depuis 2017, dévoile les petites et les grandes lignes du 9 avril, du micro au macro, du visible à l’invisible, du non-dit au trop dit…

Dans 0904 rien ne se perd tout mute, s’adapte et survie. Surtout la mémoire!

Imprimerie FINZI
08 > 13 OCT. DE 12H00 À 19H00 

AMOUR de Nour Riahi

AMOUR de Nour Riahi

Comme pour chaque édition, les enfants ont une place importante dans la programmation du festival. Ils sont spectateurs mais aussi créateurs et artistes. La voix n’est rien sans les mots qui la dessinent et la projettent au monde. Nour Riahi l’a compris et n’a pas tardé à mettre des mots sur ses maux pour partager avec le monde ses questionnements, ses doutes et ses personnages. 
 
Nour a entamé depuis quelques années un travail d’introspection par l’écriture. Durant la dernière édition de Dream City, en 2017, elle a travaillé avec Laila Soliman sur le projet “Superheroes” qui questionnait la difficulté de survivre dans un environnement hostile et violent. De ce projet est né une graine d’auteure, qui est Nour Riahi aujourd’hui et son monodrame, publié lors de sa sortie de résidence en Mars 2018, “AMOUR”. Son monodrame évoque l’intégrisme religieux, la mort, la liberté de conscience, la vie quotidienne et le rapport des adolescents à la vie, tiraillés entre désir de vivre, quête d’absolu et pesanteur sociale.
 
Dans le cadre du programme de résidences de l’Association l’Art Rue, elle a été accompagnée par la metteur en scène égyptienne Laila Soliman et encadré, pour l’écriture de ce monodrame, par Narjess Ben Ammar. Nour sera présente lors de cette 7éme édition dans une lecture sur les planches du Club Tahar Haddad. 

Club Taher Haddad

09 > 11 OCT. DE 18H30 À 19H00

12 & 13 OCT. DE 14H30 à 15H00

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